Éveil à la pensée de Dieu

Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées. Esaïe 55.8-9

Dieu est « l’être tel que rien de plus grand ne peut être pensé[1] » selon le célèbre docteur médiéval Anselme de Cantorbéry (1033-1109). Ses pensées et ses voies nous dépassent et nous confondent, non seulement à cause de notre péché, mais aussi de nos limites créaturelles. En réalité, il existe un tel gouffre entre le Créateur et ses créatures que s’il ne se révélait pas à nous, nous ne saurions grand-chose de Dieu (Esaïe 65.1). Toutefois, grâces soient rendues au Seigneur, il a condescendu à se faire connaître à nous au travers de ses actes puissants dans l’histoire et ses communications efficaces avec les patriarches, les prophètes et les apôtres dont les écrits nous sont restés dans la Parole révélée qu’est la Bible (Hébreux 1.1). Dans sa pédagogie aimante, le Seigneur de l’univers babille dans le langage des hommes pour mieux se faire connaître, dispenser sa grâce et dérouler son plan rédempteur (2 Timothée 3.16-17). Ainsi, lorsque nous méditons l’Écriture nous pensons bel et bien les pensées de Dieu après lui.

Mieux, au travers de l’incarnation, c’est-à-dire de la venue du Fils éternel de Dieu dans la chair, l’Éternel a franchi le gouffre qui nous séparait de lui. Le théologien Robert Letham écrit en ce sens : « Bien que le Créateur soit infini et la créature finie ; la distinction Créateur-créature demeure inviolable ; Dieu a établi la compatibilité entre lui et l’humanité, de sorte que l’humanité du Christ est l’humanité du Fils éternel. Ce point est crucial. Si la distinction Créateur-créature s’appliquait de manière absolue, un chiasme infini empêcherait l’union inviolable entre Dieu et l’humanité en Christ (…) Puisque le Fils a pu vivre comme homme, nous devons conclure que Dieu a fait l’humanité d’une manière à être capable d’une union avec lui en Christ[2] ». Désormais, Christ est Dieu pour l’homme et l’homme pour Dieu en tant que Dieu-homme médiateur de la nouvelle alliance (1 Timothée 2.5). Quel enseignement merveilleux, quel mystère lumineux ! Mais le comble de la bénédiction est atteint par l’œuvre conjointe du Fils et du Saint Esprit qui nous donne accès à la pensée de Christ (1 Corinthiens 2.16) et qui nous rend participants à la nature divine (2 Pierre 1.4).

Que nous puissions nous émerveiller tout à nouveau de ces vérités et vivre par elles jusqu’au jour glorieux où Dieu sera « tout en tous » (1 Corinthiens 15.28) !

M. MOURY